Question d’identité

L’époque est incertaine. La guerre civile laissa ses stigmates, étalés à la vue de toutes et tous. Les hommes, comme à leur habitude, pris par un excès de folie, s’affrontèrent. Lâches, ils construisirent des androïdes, appelés creechs, pour faire cette sale guerre à leur place.

Une paix fragile voit le jour. Les creechs n’ont plus d’utilité ou presque. Ils sont mis au ban de la société s’ils ne sont pourchassés et détruits ; leurs pièces récupérées pour assouvir la faim d’une industrie toujours plus polluante.

La ville de Hachisuka se dit égalitaire, voulant le bien de tous, humains et créatures. Un arrêté de protection de creechs attire ses derniers vers des lumières trop chatoyantes pour être vraies. Dominants et dominés, les robots reproduisent la construction sociétale de leurs créateurs.

Plus loin, dans une forêt, se cache Hyaku, une fille cyborg, dépouillée à sa naissance de la plupart des organes, donnés à des méritants, des laquais du pouvoir.

Hyaku enrage, Hyaku chasse pour récupérer, un à un, ses 48 organes, et ainsi reconstituer, espère-t-elle, son humanité. Et dans sa quête, elle rencontre Doro, un enfant de neuf ans, un moins que rien, un rat d’égouts, voleur et menteur. Pourtant, quelque chose va les unir et les mènera au bout d’un chemin semé d’embûches et de questionnements sur la nature profonde de l’être humain.

Search and Destroy, série en trois tomes, est une réinterprétation magistrale par Atsushi Kaneko de Dororo, une des œuvres les plus difficiles d’accès de l’illustre Osamu Tezuka. 

S’il vous en faut plus pour foncer toutes affaires cessantes chez votre libraire indépendant et lire ce qui est probablement l’un des meilleurs mangas de ces dernières années, alors lisez cet extrait de la postface écrite par l’auteur :

À chaque fois que l’absurdité du monde lui inspire la colère, l’humain est amené à faire en parallèle l’expérience de la solitude, car il prend conscience de sa propre insignifiance et de son impuissance. Dans ces moments, le contact de la colère contenue dans le manga, la littérature, le cinéma, la musique ou l’art en général peut être l’occasion de rencontrer un autre qui partage la même indignation, de trouver une légitimité au sentiment qui bouillonne en soi. Si la culture n’influe pas directement sur le politique, elle a le pouvoir de transformer le cœur de chacun. Et je crois sincèrement que c’est ainsi, par la transmission de cette «colère», que l’on pourra un jour changer le monde.

Published by Saâd Kadhi

Archeofuturist & retromodernist with a knack for individualistic altruism

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